Millésime 2012

Présentation

Colmar a été nommé ville la plus seche de France en 2013, sur la base des moyennes de pluviométrie des 10 dernières années. Cela peut paraître impossible suite aux pluies importantes en Alsace durant certains mois de l’année 2012. En fait, 2012 apparaît comme un millésime très contrasté entre différentes zones et périodes de l’année.

L’hiver était très sec, avec seulement 5mm de pluie en février pour exemple, et termina bien au-dessus des températures normales en mars. Un temps pluvieux et plus froid en avril repoussa le débourrement à la fin du mois, surtout dans les secteurs plus en altitude comme le Rangen à Thann ou le Clos Windsbuhl à Hunawihr. La floraison fut aussi retardée suite à de nombreux épisodes de pluie et quelques orages en mai, pour finalement vraiment s’enclencher mi-juin, même si quelques fleurs éparses étaient déjà visibles fin mai dans les secteurs précoces. Un temps froid et humide perturba la floraison qui ne put finir avant fin juin. Le risque de coulure et millerandage était important, mais en fait il n’y avait plus de crainte que de mal.

Juin et juillet étaient très humides, surtout à Thann (232mm entre juin et juillet), avec une pluviométrie bien supérieure à la moyenne décennale. Les épisodes de pluies étaient très rapprochés et rendait les interventions dans le vignoble très difficiles, surtout pour la lutte contre les maladies fongiques. En culture bio-dynamique, seuls sont utilisés des produits de contact (cuivre, soufre, tisanes, préparations…) qui sont rapidement lessivés en cas de pluies importantes. En année normale, nous enregistrons une utilisation moyenne de
1 à 1,5kg/ha de cuivre métal (pour lutter contre le mildiou) or la campagne de l’année 2012 fut terminée avec une moyenne de 2,5kg/ha, car les traitements étaient souvent renouvelés après les pluies lessivantes. Ce résultat reste quand même honorable dans la mesure où l’objectif est de finir l’année en dessous des 3kg/ha, dose à laquelle le cuivre devient un métal polluant car le métabolisme du sol n’arrive plus à gérer une telle quantité. Début juillet, le Rangen subi une grêle importante qui fit tomber 50% de la récolte.

En août, les vignes retrouvèrent un temps chaud et plus sec, pour finalement atteindre des températures caniculaires à la fin du mois. Par la suite, le temps fut très sec, surtout sur Turckheim et Hunawihr (il y eu quelques petites pluies sur Thann début septembre). Ce changement radical de temps fut une belle surprise et rapidement la nature commença à exprimer des signes de stress hydrique dans les sols plus pauvres.

Les premiers prélèvements de maturité, encourageants, montraient des résultats très similaires à 2005, ce qui laissait entendre un début de vendange assez tôt sur les secteurs précoces. Ce qui se passa par la suite reste encore un mystère. Une météorologie très favorable permis aux raisins d’atteindre une parfaite maturité physiologique en restant très sains, mais la richesse en sucres (maturité technologique) évolua très lentement, à notre grande surprise et peut être satisfaction, si bien sur l’objectif était de produire des vins secs.

Les Vendanges commencèrent au domaine le 17 septembre pour finir, tardivement, le 24 octobre 2012. Les potentiels alcools augmentant très lentement, surtout pour le Riesling, il était nécessaire de parfois attendre plus longtemps que prévu. Un épisode pluvieux mi-octobre interrompit la récolte pour quelques jours et les parcelles récoltées par la suite avaient toutes développé un peu de pourriture, noble ou grise selon les terroirs. Le profil de l’année n’étant pas propice aux vins de grande concentration (VT/SGN), l’ensemble du domaine fut récolté rapidement.

2012 sera caractérisée par des vins purs et élégants, ayant moins d’alcool acquis, de belles acidités bien mûres et beaucoup de vins secs, surtout en riesling. La moyenne de récolte du domaine en 2012 est de 51hl/ha avec une moyenne de 26hl/ha pour les Grands Crus.

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Note :

  • Mise = date de mise en bouteille
  • alc = alcool acquis du vin
  • SR = sucres résiduels
  • hl/ha = rendement en hectolitre par hectare
  • 2002 – 2010… = période de consommation du vin. (la date optimale dépendant beaucoup du goût de chacun)

Indice:

Niveau de sucrosité au palais. Cette note essaye de combiner les sucres résiduels, l’alcool, l’acidité et la structure générale du vin pour mieux en comprendre son style. Il est clair que cette perception peut varier d’une personne à une autre et cet indice n’est là que pour éviter d’éventuelles erreurs de service du vin.

Echelle de 1 à 5 :

  • 1 : vin techniquement sec (<2 à 6g/l)
  • 2 : pas techniquement sec, mais les sucres ne sont pas apparents de façon évidente au palais. Certains dégustateurs peuvent trouver une légère rondeur en fin de bouche.
  • 3 : sucrosité moyenne, plus importante dans la jeunesse du vin, s’estompera progressivement avec l’age.
  • 4 : vin moelleux.
  • 5 : vin moelleux, très proche d’une vendange tardive.