Millésime 2013

Présentation

Le millésime 2013 se caractérise par une succession de périodes très sèches et très humides.

En partant du principe qu’un millésime forme son caractère à partir de la fin des vendanges précédentes, il est important de rappeler que novembre 2012 était très humide, perturbant les travaux d’hiver (labours et épandage du compost). La fin relativement précoce des vendanges 2012 avait toutefois permis de débuter ces travaux plus tôt et surtout cela avait favorisé une mise en réserve de la sève dans les racines, avant des gels importants en début novembre, forçant la mise en dormance des vignes très tôt. Par la suite, le temps devint beaucoup plus sec et janvier confirme bien son statut de mois le plus sec de l’année en Alsace.

 

Une fin d’hiver tardive repoussa le débourrement à fin avril, ce qui fit de 2013 l’un des millésimes les plus tardifs de ces 10 dernières années. Un mois de mai médiocre retarda la floraison de la mi-juin à fin juin, voire même jusqu’à début juillet pour les zones les plus tardives en Alsace. Avec juillet, les vignes retrouvèrent enfin une météo graduellement plus chaude et plus sèche, ce qui permit de compenser une partie du retard accumulé par les vignes. Ce temps se maintint jusqu’à mi-août et il était possible alors de voir des effets de stress hydrique sur les terroirs légers.

 

Un orage de grêle important toucha une partie du vignoble de Turckheim et de Wintzenheim le 6 août. Le temps très sec qui suivi permis d’éviter un développement des maladies, mais entre 10 et 40% de la récolte fut perdue. La véraison (changement de couleur des raisins) et l’aoûtement des bois prirent du retard suite à cet orage dans le Herrenweg, vignoble le plus touché. Par chance, les vignobles du Brand, Heimbourg et Clos Jebsal furent beaucoup moins affectés.

 

A l’exception d’une pluie importante début septembre, qui était en fait la bienvenue pour les vignes, la période jusqu’au début des vendanges était sèche et très agréable. Tout comme en 2012, l’évolution des sucres était très lente et les niveaux d’acidité très élevés avec des pH bas. L’état sanitaire était parfait. Durant cette période, le vignoble a pu rattraper une grande partie de son retard.

 

Le début officiel des Vendanges eut lieu le 30 septembre pour tous les cépages, à l’exception des Riesling et Gewurztraminer dont l’ouverture du ban avait lieu seulement le 7 octobre. La récolte pour le Crémant d’Alsace avait commencé le 15 septembre. Sur le domaine, nous avions débuté les vendanges le 26 septembre, car nous pensions que les raisins présentaient déjà une belle maturité physiologique et une maturité en sucre suffisante sur certains terroirs (surtout les sols de graves). Heureusement, car un orage important le 5 octobre perturba la récolte. A partir ce cette date, le climat devint plus incertain avec des alternances de périodes sèches et ensoleillées et des épisodes pluvieux. Les températures chutèrent fortement (4°C le 12 octobre) ce qui aida à limiter le développement de la pourriture, mais rendit l’augmentation de la richesse en sucre plus difficile. A ce moment-là, le rendement et la culture de la vigne étaient déterminant pour l’obtention de vins de qualité.

 

Le potentiel qualitatif du vignoble (exposition, pente, type de sol) et le passé viticole de la parcelle, surtout le rendement et le rapport raisins/cep ont permis ou non d’atteindre une maturité satisfaisante sans attendre trop longtemps et donc  minimiser le développement de pourriture grise. Le risque fut particulièrement important à partir de la mi-octobre où les baies de raisins montraient les premiers signes d’éclatement. A ce moment-là il fallait finir les vendanges ! A la fin du mois d’octobre, des vents chauds et desséchants ont concentré les raisins encore sur pieds, mais la production de vendanges tardives était très difficile.

 

Les terroirs récoltés tôt ont fermenté assez rapidement, mais en raison des acidités très importantes et des pH faibles, beaucoup de vins ont eu des profils fermentaires très lents, surtout sur le cépage Riesling et cela malgré des alcools potentiels peu élevés. La plupart des vins sont devenus secs et très peu garderont des sucres résiduels importants. Les jus étaient très aromatiques et avaient une grande fraîcheur. Il est possible aujourd’hui de dire que les grands 2013 seront élégants, racés et de garde, sans être marqué par le botrytis. La récolte est très faible : 33hl/ha sur le domaine dont seulement 22hl/ha en Grands Crus et 26hl/ha pour les Lieux-Dits.

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Note :

  • Mise = date de mise en bouteille
  • alc = alcool acquis du vin
  • SR = sucres résiduels
  • hl/ha = rendement en hectolitre par hectare
  • 2002 – 2010… = période de consommation du vin. (la date optimale dépendant beaucoup du goût de chacun)

Indice:

Niveau de sucrosité au palais. Cette note essaye de combiner les sucres résiduels, l’alcool, l’acidité et la structure générale du vin pour mieux en comprendre son style. Il est clair que cette perception peut varier d’une personne à une autre et cet indice n’est là que pour éviter d’éventuelles erreurs de service du vin.

Echelle de 1 à 5 :

  • 1 : vin techniquement sec (<2 à 6g/l)
  • 2 : pas techniquement sec, mais les sucres ne sont pas apparents de façon évidente au palais. Certains dégustateurs peuvent trouver une légère rondeur en fin de bouche.
  • 3 : sucrosité moyenne, plus importante dans la jeunesse du vin, s’estompera progressivement avec l’age.
  • 4 : vin moelleux.
  • 5 : vin moelleux, très proche d’une vendange tardive.